Tu regardes, chatte, un rêve au fond des yeux,
Cet Océan mauve qui noie tous tes chagrins,
Soupires longuement et humes des matins
L’air poivré des ravines en bleus camaïeux.

Des filles mal fardées, les becs – roses  joyeux
De leur vol turbulent troublent les tamarins.
Tes cheveux glissent sur la pointe de tes seins,
Et dans les calumets tombe le jour radieux.

Les chocas bleus crèvent de leurs dards acérés
La brume des remparts, les feuillages dorés.
Tu esquisses un sourire, heureuse aussitôt,

Prends ma main dans la tienne et passons dans l’extase,
Quand soudain la forêt d’Étang Salé s’embrase
Dans la neige rouge des flamboyants royaux.

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