Mousson tiède où les mornes fondent dans la brume
Le serin frappe doucement la tôle argent,
Mille ruisselets perlés tissent à l’auvent
Un rideau languissant que le boucan enfume.

Sous la varangue bleue où la lampe s’allume,
La liane aurore caresse le bardeau blanc,
Et dans le flou de l’air s’évanouit le temps
En des ombres mouillées que le jasmin parfume.

Le soir tropical jette sa cape de ciel
Aux soies indiennes crevées de rose et de miel,
Et là-bas, au très loin, dans l’infini béant,

Comme une fleur immense, un nuage embrasé
Reçoit le vespéral et ultime baiser
Sur la lèvre rouge d’un horizon géant.

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