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Nantes la Ville

By 25 janvier 2021 janvier 27th, 2021 No Comments

L’ombre des sentiments et des rêves mêlés, évanouis sur les murs comme de larges feuilles tropicales frémissantes. L’existence qui se meurt doucement aux voluptés du jour finissant pour renaître en fleur ville à l’aube des matins éclatants. L’homme écartelé entre rêve et réalité noyant ses yeux  dans la grisaille humide des rues.

Dans sa pensée tournent et retournent les images du quotidien ; il cherche des rues claires où le soleil lèche des façades colorées mais l’hiver  terne les habille de feuilles séchées tournoyant dans le vent glacial. La ville est immense et n’en finit plus d’étendre ses bras vers les prés et  les bois qu’elle traverse. L’Homme devient la machine de la machine qui l’enveloppe de toute part et il subit son diktat.

Il finit par aimer sa ville faite de pierres, de béton et d’asphalte ; il en est le prisonnier et rêve d’embellir sa prison. Tout est dans sa ville, et, l’extérieur  devient l’étranger sauvage, un autre monde où s’épanouit la Nature libre avec son peuple d’animaux et d’oiseaux. La grande forêt est lointaine pour l’occidental, mais il se contente d’une Brocéliande ou d’un autre bosquet qu’encadrent les bras d’une rivière.

Toujours la Ville, ses trottoirs et ses rues avec des carrefours et des ronds points à contourner. Que l’on marche ou que des roues nous portent, nous ouvrons grand nos yeux au spectacle que nous offre la rue ; la rue nous mène, nous tire à son bout où son nom change. Marchons, marchons, il nous faut marcher encore.

Des quartiers comme les tranches d’un grand fruit de pierre, se soudent et se consomment de préférence à pieds pour en goûter les façades et les vitrines.

Je suis dans la grande ville de Nantes, acteur et spectateur de son histoire qui court  dans le temps de sa société. Avoir un but à atteindre ou errer au gré du léchage des vitrines, peu importe, l’existence doit s’accomplir dans cet espace-temps. La ville existe tant que la vie l’habite ; les vieux bâtiments semblent résister au temps, aux intempéries, aux calamités diverses, ils sont là les témoins du passé. Parfois un vent glacial rampe au ras du sol dans certaines rues et nous recevons en plein visage une pluie cinglante ; il faut fuir alors et prendre vite une rue perpendiculaire pour se mettre à l’abri. Nous apprenons ainsi à connaître les quartiers où il fait bon marcher ou d’autres où il faut accélérer le pas pour les quitter rapidement et s’en débarrasser. Nous devenons ces marins qui savent naviguer de proche en proche pour arriver à bon port.

Après avoir été aux confins de la ville nous revenons pour retrouver ce Centre où s’exhale l’âme de cette cité ; la beauté royale apparaît imposante et éclatante. La place Royale, le joyau de la ville.

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