Quand la chaleur doucit à l’heure où tout est calme,
Quand à l’horizon monte la première étoile,
Le vent n’agite plus la grande et verte palme
De cet arbre au tronc lisse qui très haut s’étoile.

Et à contre nuit la dentelle végétale,
Jeu d’ombres fragiles sur fond de brume rouge,
Monte dans l’air, se fond au velours de pétale
Par delà les pitons massifs où rien ne bouge.

Et soudain, jaillit haut, une longue flamme fauve
Du chaudron des enfers, un geyser fantastique,
Eclatement, souffle d’une Fournaise chauve
Feu, monstre réveillé, Mars apocalyptique.

Gueule du dragon crachant sa bave sanglante
Qui bouillonne dans des grondements terrifiants,
Gargouillements, hoquets de soufre pétrifiants
Dévoreur brûlant dans une nuit d’épouvante.

Titan déchirant et le ciel et la terre,
Ravageant à nouveau le bois du Grand-Brûlé
Qui s’embrase sur le front de la lave ignée
Chaotique torrent du volcan en colère.

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