J’ai marché sur le sable de la plage de Péreybère et je n’ai pas laissé l’empreinte de mes pas.
La mer s’est retirée au loin dans ma mémoire, mais le lagon lèche ma pensée quand j’entends le ressac qui murmure doucement à mon oreille.
Et tout s’étire, ondule et se replie ; un paysage mouvant qui peine à se fixer. C’est la terre qui m’appelle, c’est Vale avec ses champs de cannes où se niche la ferme.
Là, est la promesse sucrée avec la force de la vie, et au loin l’Océan incertain.
Les calmes amollissent l’âme, et des tempêtes effrayantes s’accrochent aux dents des coraux.
La robe blanche de Virginie flotte dans mon rêve comme une voile, et je sais qu’un drame se dessine et qu’une mort est annoncée.
Et pourtant je ne peux me résoudre à contempler le naufrage, ce naufrage qui est le mien et où je dois mourir pour que vive Virginie.
Les années ont fui et les murs aux pierres jaunies, vestiges de mon passé, ont vieilli doucement comme mes yeux usés par les lumières fortes des tropiques.
Je me souviens avoir rêvé, certainement à cette Île en Océan Indien dont le charme vous prend au cœur.
Quand on regarde la mer, on efface le présent pour entrer dans ces mystères anciens où ont vécu des êtres qui attendaient un Futur étincelant.
Bernardin de Saint Pierre de sa plume grinçante a créé son théâtre marin pour nous emporter dans ses voyages, loin des pays d’Europe, sur les vastes mers du Sud.
Des naufrages ont eu lieu à toute époque, mais il en est de plus dramatique qu’on retient dans sa mémoire grâce au conteur qui en saisit l’émotion ; Paul et Virginie sont restés les amants de la mer à qui l’on rend hommage lorsqu’on regarde l’océan qui éclate au loin sur les brisants.

 

 

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